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Etre attentif à soi, prêter attention aux autres Ou la performance attentive

8 jan, 2015
Elodie RACT-MADOUX
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Désormais l’Homme est capable d’envoyer des engins spatiaux à plus de 500 millions de kilomètres de la Terre et d’en recevoir des signaux d’information en 30 minutes. Cet exploit scientifique et technologique que nous venons de célébrer est le témoignage d’un bouleversement spatiotemporel qui bouscule nos vies par des limites repoussées et une transmission d’information accélérée.

En miroir de cette conquête spatiale, la conquête économique planétaire affiche les mêmes ambitions : dépasser les frontières en devenant global tout en diminuant le paramètre du temps. En résumé aller plus loin et faire plus vite.

Alors que ce record souligne le succès du développement technologique que l’homme est capable d’inventer, elle n’en est pas moins un échec lorsqu’il en est lui-même l’objet. Car l’homme de par sa condition a des limites physiologiques:il ne peut courir à la vitesse d’un sprint durant un marathon.

Or aujourd’hui nombre de dirigeants demandent à leurs équipes de courir plus vite plus loin sans temps de préparation ni de récupération, conditions sine qua non de performance.
La conséquence de ce mode managérial est une mise en tension continue qui, sans moment d’a-tension, peut conduire au court circuit.

Adopter une attitude attentive est pour le manager un moyen de réintégrer des temps de préparation et de récupération au sein de son équipe. C’est ouvrir un espace temps où présence, concentration, écoute et reconnaissance sont les enjeux du moment.
En s’observant faire et dire, en repérant nos émotions et leur transcription dans le corps, en détectant les facteurs qui nous nourrissent ou nous affaiblissent, nous pouvons appliquer avec justesse et discernement nos comportements et ainsi donner le meilleur de nous-mêmes.

En conclusion, si la notion du «plus loin plus vite » caractérise la performance scientifique et technologique, il est fondamental d’inverser cette logique lorsque nous parlons de performance humaine. C’est en étant au plus près de soi et de l’autre dans un moment de présence à soi et à l’autre que l’on s’inscrit dans une performance individuelle et collective.